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Don d’organe en France : loi, démarches, greffes et consentement

Par IKIle 01/07/2025
4 minutes de lecture
HospitalisationParticuliersInfos pratiquesDéfinitionSanté

Chaque jour en France, des vies sont sauvées grâce à un geste à la fois simple et bouleversant : le don d’organe. En 2023, plus de 5 600 greffes ont été réalisées, permettant à des milliers de patients de retrouver une qualité de vie, voire la vie tout court. Pourtant, les besoins restent importants, et la communication autour de cette pratique médicale essentielle est plus que jamais d’actualité.

La France applique le principe du consentement présumé : chacun est considéré comme donneur potentiel sauf s’il s’est inscrit sur le registre national des refus. Ce cadre juridique unique vise à encourager le don tout en respectant la volonté individuelle. Le 22 juin, la journée nationale du don d’organes rappelle l’importance de faire connaître sa décision.

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Qu’est-ce que le don d’organe ?

Le don d’organe est un acte médical permettant de prélever un ou plusieurs organes ou tissus sur une personne, vivante ou décédée, pour les greffer à une autre. Il peut concerner le cœur, le rein, le foie, les poumons, le pancréas, mais aussi des tissus comme la cornée, la peau, ou les valves cardiaques.

Il existe deux types de dons : le don post-mortem, réalisé après le décès du donneur, et le don de son vivant, dans des cas très spécifiques. Le don post-mortem est le plus courant et nécessite le constat de la mort cérébrale du donneur dans un environnement hospitalier adapté. Le don de son vivant, quant à lui, concerne généralement un rein ou une partie du foie, et s’effectue dans un cadre légal et médical extrêmement rigoureux.

Le don d’organe repose sur une chaîne humaine complexe et solidaire impliquant le personnel médical, les familles, les institutions et les receveurs. Il nécessite une coordination millimétrée entre les hôpitaux, les équipes de prélèvement et les centres de transplantation. Chaque étape vise à garantir la sécurité, l’éthique et l’efficacité de la greffe.

En 2023, l’Agence de la biomédecine a recensé 5 634 greffes. Malgré cela, plus de 21 000 patients restaient en attente d’une transplantation début 2024. Chaque donneur peut sauver jusqu’à 7 vies.

Quelle est la loi en France concernant le don d’organe ?

Le consentement présumé

Depuis la loi de bioéthique de 2015 (effective en 2017), toute personne est considérée comme donneur à moins d’avoir manifesté un refus explicite. Ce principe vise à faciliter les prélèvements tout en respectant la liberté individuelle.

Le registre national des refus

Les personnes opposées au don doivent s’inscrire sur le registre national des refus, géré par l’Agence de la biomédecine. Cette inscription peut se faire en ligne ou par courrier, dès l’âge de 13 ans.

Les mineurs et le rôle des familles

Chez les mineurs, le don n’est possible qu’avec le consentement écrit des deux parents ou du représentant légal. En l’absence de volonté exprimée, les équipes médicales consultent la famille pour recueillir leur position.

Qui peut donner ses organes ?

Critères médicaux

Il n’y a pas d’âge limite pour le don d’organe. Le critère principal est l’état de santé de l’organe au moment du décès. Ainsi, une personne âgée peut parfaitement être donneuse si ses organes sont en bon état. À l’inverse, une personne plus jeune peut présenter des contre-indications. Parmi les motifs d’exclusion, on retrouve certaines infections graves non contrôlées, des cancers métastasés ou des pathologies dégénératives avancées. Chaque situation est évaluée au cas par cas par les équipes médicales spécialisées.

Le don post-mortem est soumis à des critères stricts, notamment la constatation irréfutable de la mort cérébrale. Cette condition permet d'assurer que la personne est réellement décédée et que les organes sont encore viables pour une greffe.

Don vivant

Certaines greffes peuvent être réalisées grâce au don vivant, principalement pour des organes pairs comme le rein ou segmentaires comme le foie. Ce type de don concerne généralement un proche du receveur (parent, conjoint, frère ou sœur) et implique des examens médicaux et psychologiques rigoureux.

Le don vivant n’est autorisé qu’après avis d’un comité d'experts et sous contrôle judiciaire pour garantir l’absence de pression, de rémunération ou de consentement biaisé. C’est un acte libre, volontaire, et encadré juridiquement.

Ce don représente une solution efficace pour pallier le manque d’organes et peut améliorer les délais de greffe et les taux de réussite, notamment grâce à la meilleure compatibilité génétique entre donneur et receveur.

Spécificités pour les mineurs

Les mineurs peuvent manifester leur opposition dès 13 ans, mais ne peuvent pas donner leurs organes sans autorisation parentale. Cette protection renforce la prise en compte de la dimension éthique du don.

Comment se passe une greffe ?

Le processus débute par un diagnostic de mort cérébrale en milieu hospitalier. Si aucune opposition n’est identifiée, l’équipe de coordination hospitalière démarre la procédure de prélèvement.

Les organes prélevés sont ensuite acheminés vers des centres de transplantation, où les receveurs compatibles sont appelés. Le don est gratuit et anonyme, tant pour le donneur que pour le receveur.

La priorisation des greffes repose sur des critères médicaux stricts et une gestion centralisée par l’Agence de la biomédecine.

Comment exprimer ou refuser son consentement ?

La loi en France repose sur le consentement présumé. Cela signifie que toute personne est considérée comme donneuse d’organes à moins d’avoir clairement exprimé son opposition. Il est donc crucial de faire connaître sa volonté, qu’elle soit positive ou négative, pour éviter toute ambiguïté au moment du décès.

Exprimer son accord

Pour manifester son accord au don d’organes, plusieurs options s’offrent à chacun :

  • Informer ses proches de sa décision, par une discussion claire et directe

  • Porter une carte de donneur, disponible gratuitement en ligne ou auprès d’associations (même si elle n’a pas de valeur juridique, elle peut appuyer la parole des proches)

L’échange avec les proches est essentiel, car ce sont eux qui seront interrogés par les équipes médicales en cas de décès. En l’absence d’opposition connue ou inscrite, leur témoignage pourra être déterminant.

Refuser le don

Pour ceux qui ne souhaitent pas être donneurs, il est impératif de s’inscrire sur le registre national des refus. Cette inscription peut être faite dès l’âge de 13 ans, directement en ligne ou par courrier. On peut également rédiger un écrit daté et signé, remis à ses proches, ou leur communiquer oralement son refus — mais ce témoignage devra être explicite et précis pour être pris en compte.

Il est aussi possible de modifier ou retirer une inscription au registre à tout moment.

Pourquoi c’est important ?

Faire connaître sa position, qu’elle soit favorable ou non au don, permet de soulager ses proches dans un moment difficile. Cela évite des décisions prises dans l’urgence et favorise le respect de sa volonté. Cette démarche est un acte de responsabilité et de solidarité.

Quels organes et tissus peuvent être donnés ?

Le don d’organes et de tissus peut concerner de nombreuses parties du corps humain, en fonction de leur état et de la situation du donneur. Il permet de répondre à des besoins médicaux variés, allant de la survie du receveur à l'amélioration significative de sa qualité de vie.

Organes vitaux

Les organes pouvant être prélevés et greffés sont :

  • le cœur : pour les personnes atteintes d'insuffisance cardiaque terminale ;

  • les reins : l’organe le plus souvent greffé, car il est possible de vivre avec un seul rein ;

  • le foie : qui peut être greffé en entier ou en partie ;

  • les poumons : souvent greffés chez les patients atteints de mucoviscidose ou de BPCO sévère ;

  • le pancréas : greffé principalement chez des patients diabétiques de type 1.

Tissus humains

Les tissus ont aussi une grande utilité médicale. Ils peuvent être prélevés jusqu’à 24 heures après le décès, ce qui offre un délai plus souple que pour les organes.

Parmi les principaux tissus greffables, on retrouve :

  • les cornées : pour restaurer la vision ou corriger des pathologies oculaires graves ;

  • la peau : utilisée notamment pour les grands brûlés ;

  • les os et tendons : utiles en chirurgie orthopédique reconstructive ;

  • les valves cardiaques : qui permettent de traiter certaines affections cardiovasculaires.

Cas particuliers

Dans certains cas, il est également possible de prélever des veines, des artères, du cartilage, ou même des parties de l’intestin. Ces greffes sont moins fréquentes, mais peuvent s’avérer vitales pour certains patients.

Chaque prélèvement est évalué au cas par cas par les médecins, selon des critères médicaux rigoureux. L’objectif est de garantir la compatibilité, la viabilité du greffon, et les meilleures chances de succès pour le receveur.

Le don du corps à la science : une autre forme d’engagement

Le don du corps à la science consiste à léguer son corps, après le décès, à une faculté de médecine pour l’enseignement anatomique ou la recherche scientifique. Contrairement au don d’organe, il ne vise pas à sauver des vies directement mais à faire progresser la médecine. Il repose sur une démarche volontaire, formalisée par un contrat avec un centre universitaire.

Le rôle des institutions et les actions de sensibilisation

L’Agence de la biomédecine est l’organisme public chargé de superviser l’ensemble du dispositif lié au don et à la greffe d’organes, de tissus et de cellules en France. Elle assure plusieurs missions clés :

  • gérer le registre national des refus,

  • garantir la transparence et l'équité dans l’attribution des greffons,

  • contrôler les conditions de prélèvement et de greffe,

  • former les professionnels de santé et accompagner les équipes hospitalières,

  • organiser des campagnes d’information et de sensibilisation auprès du grand public.

Son rôle est crucial pour maintenir un haut niveau d’éthique, de sécurité et de confiance dans le système de don et de greffe français.

Chaque année, le 22 juin est marqué par la journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance envers les donneurs. À cette occasion, de nombreuses actions sont mises en place : affichage public, interventions dans les écoles, témoignages de greffés, émissions médiatiques…

L’Assurance Maladie, les agences régionales de santé, les établissements hospitaliers, ainsi que des associations comme France ADOT ou Greffe de Vie, relaient également ces messages pour renforcer la prise de conscience collective.

Ces actions de sensibilisation ont pour objectif de favoriser le dialogue familial, de lever les tabous et de rappeler que chacun peut, par une simple décision, devenir un maillon essentiel de la chaîne du vivant.

Conclusion

Le don d’organe est un acte généreux, solidaire et porteur d’espoir. En quelques minutes, chacun peut exprimer sa volonté et potentiellement sauver plusieurs vies.

Parler à ses proches, s’informer, s’inscrire au registre des refus si besoin : ces gestes simples participent à un grand mouvement de solidarité humaine.

Le 22 juin, profitez de la journée nationale pour faire le point et entamer la discussion.

Donner, c’est transmettre la vie.