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La Sécurité sociale rembourse les verres qui freinent la myopie chez les enfants: ce qu’il faut savoir

Par IKIle 26/08/2025
4 minutes de lecture
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Depuis juin 2025, une évolution importante en matière de santé visuelle est entrée en vigueur : la Sécurité sociale prend désormais en charge une partie du coût des verres qui freinent la progression de la myopie chez les enfants. Cette décision, attendue depuis plusieurs années par les ophtalmologistes et les associations de patients, reflète l’urgence croissante de lutter contre ce trouble visuel qui touche de plus en plus tôt les jeunes générations. La myopie n’est plus seulement une gêne au quotidien, elle représente un véritable enjeu de santé publique, avec des conséquences à long terme sur la qualité de vie et la santé oculaire. Cet article vous propose un tour d’horizon complet sur le sujet : pourquoi la myopie progresse-t-elle chez les enfants, en quoi consistent ces nouveaux verres innovants, comment sont-ils remboursés par l’Assurance Maladie et les mutuelles santé, et quels conseils pratiques suivre pour protéger la vision des plus jeunes.

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La myopie chez les enfants, un enjeu de santé publique

La myopie est aujourd’hui l’un des troubles visuels les plus répandus chez les jeunes. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’ici 2050, près d’une personne sur deux dans le monde sera myope. En France, la tendance est préoccupante : de plus en plus d’enfants développent une myopie dès l’école primaire. Ce phénomène inquiète les spécialistes, car une myopie qui survient tôt a tendance à progresser rapidement et à atteindre des degrés plus sévères.

Pourquoi la myopie progresse de plus en plus tôt ?

Les causes de cette augmentation sont multiples. L’évolution des modes de vie joue un rôle majeur. Les enfants passent davantage de temps sur les écrans (ordinateurs, tablettes, smartphones) et moins de temps à l’extérieur. Or, la lumière naturelle et la vision de loin protègent de la myopie. Ajoutons à cela une dimension génétique : un enfant dont les deux parents sont myopes a un risque beaucoup plus élevé de développer ce trouble visuel. Le cumul de ces facteurs explique pourquoi les ophtalmologistes tirent la sonnette d’alarme.

Les risques liés à une myopie non corrigée

Ne pas détecter et corriger la myopie à temps peut avoir des conséquences sérieuses. À court terme, un enfant qui voit mal de loin peut rencontrer des difficultés scolaires, avoir du mal à suivre les cours ou encore se sentir limité dans certaines activités sportives. À long terme, une myopie forte augmente le risque de maladies oculaires graves comme la cataracte précoce, le glaucome, la dégénérescence maculaire ou encore le décollement de rétine. Autant de complications qui peuvent menacer la vision à l’âge adulte.

Le rôle du dépistage précoce et du suivi ophtalmologique

Pour éviter ces risques, le dépistage précoce est fondamental. Dès la maternelle, certains signes doivent alerter les parents : un enfant qui se rapproche trop de la télévision, qui plisse les yeux pour lire au tableau ou qui se plaint de maux de tête fréquents doit consulter un ophtalmologiste. En France, l’Assurance Maladie recommande un suivi régulier de la vue dès le plus jeune âge, avec une fréquence accrue pour les enfants à risque.

Quels verres freinent la myopie chez l’enfant ?

Les lunettes classiques corrigent la myopie mais ne ralentissent pas son évolution. Or, depuis quelques années, une nouvelle génération de verres a vu le jour : les verres freinateurs.

Les verres freinateurs de myopie : une innovation optique

Ces verres reposent sur une technologie de défocalisation périphérique. Leur principe est de modifier la manière dont la lumière se projette sur la rétine, de façon à ralentir la croissance excessive de l’œil, qui est à l’origine de la myopie. Plusieurs études cliniques menées en Asie et en Europe montrent qu’ils réduisent significativement la progression de la myopie chez les enfants, parfois de plus de 50 %.

Visuellement, ces verres ressemblent à des verres classiques. Ils offrent le même confort et la même transparence. Mais leur fabrication est plus complexe et donc plus coûteuse.

Différences avec les verres correcteurs classiques

Les verres correcteurs traditionnels compensent la vision floue mais n’agissent pas sur l’évolution de la myopie. Les verres freinateurs, au contraire, ont une double fonction : corriger la vision et ralentir la progression du trouble. Ils sont donc considérés comme une véritable avancée médicale. Leur coût élevé restait jusqu’ici un obstacle pour de nombreuses familles.

Alternatives existantes (orthokératologie, lentilles spéciales, hygiène visuelle)

En complément des verres freinateurs, d’autres approches existent :

  • L’orthokératologie (orthok) : elle consiste à porter la nuit des lentilles rigides spéciales qui remodèlent temporairement la cornée. Le jour, l’enfant n’a pas besoin de lunettes. Cette technique a aussi un effet freinateur sur la myopie.

  • Les lentilles de contact spéciales : certaines lentilles souples disposent également d’un design permettant de ralentir la progression de la myopie.

  • Les mesures d’hygiène visuelle : limiter le temps d’écran, faire des pauses régulières lors des devoirs, favoriser la lecture dans de bonnes conditions lumineuses et passer au moins deux heures par jour à l’extérieur sont des pratiques qui complètent les solutions médicales.

Le remboursement des verres myopie enfants par la Sécurité sociale

Prise en charge actuelle par l’Assurance Maladie

Jusqu’à juin 2025, les verres freinateurs n’étaient pas inscrits sur la liste des dispositifs médicaux remboursés par l’Assurance Maladie. Les familles devaient donc en assumer entièrement le coût. Depuis le décret du 17 juin 2025, publié au Journal officiel, la situation a évolué : la Sécurité sociale rembourse désormais partiellement les verres qui freinent la progression de la myopie chez les enfants.

Montants et limites de remboursement (BRSS, âge de l’enfant, fréquence de renouvellement)

La prise en charge est encadrée par la Base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS). Elle dépend de l’âge de l’enfant et de la fréquence de renouvellement autorisée :

  • Pour les enfants de moins de 6 ans : renouvellement possible tous les 6 mois.

  • Pour les 6 à 18 ans : renouvellement possible tous les 12 mois.

Cependant, les montants remboursés restent modestes. Comme pour les lunettes classiques, la Sécu fixe un tarif de référence qui ne couvre qu’une petite partie du coût réel. Or, les verres freinateurs coûtent nettement plus cher que des verres correcteurs standards.

Nouveautés réglementaires concernant les verres freinateurs

L’intégration de ces verres dans la liste des dispositifs remboursés est une avancée majeure. Cela traduit une reconnaissance officielle de leur efficacité médicale. Mais cette prise en charge reste limitée et laisse souvent un reste à charge important. C’est pourquoi l’intervention d’une mutuelle santé est indispensable.

Le rôle des mutuelles santé pour compléter le remboursement

Pourquoi la mutuelle optique est essentielle

Sans complémentaire santé, les familles doivent supporter un reste à charge conséquent. Les mutuelles optiques proposent des forfaits adaptés qui permettent de réduire ce coût. Certaines offrent même des garanties spécifiques pour la prise en charge des verres freinateurs, conscients de l’enjeu croissant que représente la myopie infantile.

Options de remboursement renforcé (reste à charge faible, zéro reste à charge, 100 % Santé optique)

Le dispositif 100 % Santé optique a permis de supprimer le reste à charge sur certains équipements standards (verres simples et complexes classiques). Mais les verres freinateurs ne sont pas inclus dans ce panier. Ainsi, pour obtenir un remboursement significatif, il faut choisir une mutuelle avec un forfait optique renforcé. Dans certains cas, le reste à charge peut être réduit à quelques dizaines d’euros seulement.

Comment comparer les mutuelles pour l’optique des enfants ?

Avant de souscrire, il est recommandé de comparer :

  • Le montant du forfait optique par an et par enfant.

  • La fréquence de renouvellement acceptée.

  • Les conditions particulières concernant les verres innovants.

  • Les exclusions éventuelles.

Un comparateur en ligne peut aider les parents à trouver la mutuelle la plus adaptée à leurs besoins.

Conseils pratiques pour les parents

Quand consulter un ophtalmologiste pour un enfant myope ?

Les parents doivent rester attentifs aux signaux précoces. Un enfant qui plisse les yeux, se rapproche des écrans ou se plaint de fatigue visuelle mérite un contrôle rapide. Même sans symptômes, une consultation régulière (tous les un à deux ans) est fortement conseillée.

Comment bien choisir les verres pour freiner la myopie ?

Le choix des verres dépend de plusieurs critères : l’âge de l’enfant, le degré de myopie, le rythme de progression et le budget des parents. L’ophtalmologiste et l’opticien jouent un rôle central pour guider la famille vers la solution la plus adaptée. Les verres freinateurs sont particulièrement recommandés pour les enfants dont la myopie évolue rapidement.

Prévention au quotidien : réduire les écrans, favoriser la lumière naturelle, activités en extérieur

Outre le port de verres adaptés, l’hygiène de vie est essentielle. Les spécialistes recommandent de limiter le temps passé devant les écrans, notamment avant 6 ans. Les activités en extérieur doivent être encouragées, car l’exposition à la lumière naturelle ralentit la progression de la myopie. Enfin, de bonnes conditions de lecture (éclairage suffisant, pauses régulières) contribuent à préserver la santé visuelle.

Conclusion : un meilleur accès aux soins optiques pour les enfants

Le remboursement des verres myopie enfants par la Sécurité sociale représente une avancée majeure. Il permet à davantage de familles d’accéder à une innovation efficace pour freiner la progression de la myopie. Toutefois, le rôle des mutuelles reste incontournable pour alléger le reste à charge. Au-delà du financement, cette réforme souligne l’importance de la prévention et du suivi ophtalmologique. Protéger la vue des enfants, c’est investir dans leur réussite scolaire, leur bien-être quotidien et leur santé future.